Technicien installant un panneau solaire sur toiture de maison individuelle
Publié le 7 février 2026

Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement énergétique. Les montants et aides mentionnés évoluent régulièrement. Consultez un professionnel certifié RGE pour une étude personnalisée.

Votre facture d’électricité a encore grimpé. Vous n’êtes pas le seul à regarder ces chiffres avec un mélange de colère et d’impuissance. J’accompagne des propriétaires dans les Hauts-de-France depuis plusieurs années, et ce que je constate, c’est que la question n’est plus « est-ce que le solaire vaut le coup ? » mais plutôt « comment éviter les pièges pour que ça vaille vraiment le coup ? ». Ce guide vous donne les clés pour produire votre propre électricité sans vous faire avoir.

L’essentiel sur votre projet solaire en 4 points

  • Le coût réel : comptez entre 1 100 et 1 400 € HT par kWc installé, soit environ 8 000 à 15 000 € pour une maison
  • La prime 2025 : 80 €/kWc pour les installations jusqu’à 9 kWc, versée sur 5 ans
  • Le délai honnête : 3 à 4 mois du premier devis au raccordement effectif (pas 2 comme annoncé)
  • La condition non négociable : installateur certifié RGE, sinon zéro aide

Pourquoi votre facture explose (et comment les panneaux solaires changent la donne)

J’ai reçu Martine en consultation le mois dernier. Elle m’a tendu sa facture EDF avec les mains qui tremblaient. Passée de 1 600 € à 2 400 € en deux ans. Son cas n’a rien d’exceptionnel. Selon l’analyse de Vie-publique.fr, les factures d’électricité ont augmenté de 20 % en euros constants entre 2015 et 2025. Ça, c’est la moyenne. Pour certains profils, c’est pire.

239€/MWh

Prix moyen TRV au 1er février 2025 contre 281 € en 2024

Bonne nouvelle quand même : la Commission de Régulation de l’Énergie a proposé une baisse d’environ 15 % des tarifs réglementés au 1er février 2025. Le prix passe à 239 € TTC par MWh contre 281 € l’année précédente. Sauf que. L’accise sur l’électricité, elle, grimpe à 33,70 €/MWh. Dans les dossiers que j’ai traités, cette baisse compense à peine les hausses précédentes pour les gros consommateurs.

Quand le solaire n’est pas rentable

Franchement, je refuse parfois des projets. Toiture orientée nord ou nord-ouest ? Ombrage d’un arbre ou bâtiment voisin plus de 3 heures par jour ? Consommation inférieure à 3 000 kWh/an ? Dans ces cas-là, le retour sur investissement dépasse 15 ans. Pas intéressant. Mieux vaut investir dans l’isolation.

Dans ma pratique, j’observe que 3 projets sur 4 sont mal dimensionnés au départ. L’erreur la plus fréquente : installer trop petit par rapport à sa consommation réelle. Résultat, un taux d’autoconsommation plafonné à 25-30 % au lieu des 60-70 % atteignables. Ce constat est limité aux projets que j’ai diagnostiqués dans le Nord de la France et peut varier selon le profil de consommation et la présence d’un véhicule électrique.

Autoconsommation, revente, batterie : ce qui change vraiment pour vous

Trois options s’offrent à vous. Mais soyons clairs : pour 80 % des particuliers, une seule fait vraiment sens. Je vous explique pourquoi avec un comparatif que je n’ai jamais vu ailleurs aussi complet.

Autoconsommation, revente ou batterie : le comparatif décisionnel
Critère Autoconsommation + surplus Revente totale Batterie stockage
Investissement initial 8 000 – 15 000 € 10 000 – 18 000 € + 5 000 à 8 000 €
Prime 2025 80 €/kWc Non éligible Non éligible
Complexité admin Moyenne Élevée Moyenne
Rentabilité 8-12 ans 12-15 ans 15-20 ans
Autonomie Partielle (50-70 %) Nulle Élevée (80-90 %)

Le tarif de rachat du surplus tourne autour de 4 centimes par kWh pour les installations jusqu’à 9 kWc. C’est garanti 20 ans par contrat avec EDF Obligation d’Achat. Pas fou comme rendement, mais c’est toujours mieux que de perdre cette électricité.

Suivi en temps réel de la production sur compteur Linky



Mon conseil (qui n’engage que moi) : ne vous laissez pas séduire par la batterie dès le départ. Trop chère, rentabilité incertaine. Commencez par l’autoconsommation avec revente du surplus. Dans quelques années, quand les prix des batteries auront baissé, vous pourrez toujours en ajouter une. Si vous cherchez à maximiser l’autoproduction de votre énergie, cette configuration reste la plus équilibrée pour débuter.

Conseil pro : Vérifiez votre consommation réelle sur votre espace client EDF ou Enedis. Une installation 3 kWc convient pour 3 000-4 000 kWh/an. Au-delà, visez 6 kWc minimum.

De la première question au premier kilowatt : le parcours réel

Sur le papier, Enedis annonce 2 mois de délai pour le raccordement. Soyons réalistes : dans les Hauts-de-France, je vois plutôt des délais de 3 à 4 mois en ce moment. Et encore, hors période estivale où tout le monde veut installer en même temps.

Suivi quotidien de la production via application dédiée



Avant le devis : ce que vous devez vérifier vous-même

Avant même de recevoir un commercial, sortez dans votre jardin. Regardez votre toit. Orientation sud, sud-est ou sud-ouest ? Inclinaison entre 30 et 35 degrés ? Aucun ombrage entre 10h et 16h ? Si vous cochez ces trois cases, vous partez sur de bonnes bases. Sinon, ça ne veut pas dire que c’est mort, mais le dimensionnement devra en tenir compte.

8 points à vérifier avant de recevoir un commercial solaire



  • Récupérer vos 3 dernières factures EDF (consommation annuelle)


  • Photographier votre toiture sous 2 angles différents


  • Vérifier l’orientation à la boussole (ou Google Maps)


  • Repérer les ombrages entre 10h et 16h (arbres, cheminées, bâtiments)


  • Consulter le PLU de votre commune (zone protégée ?)


  • Demander au moins 3 devis d’installateurs différents


  • Vérifier la certification RGE sur le site officiel (France Rénov’)


  • Prévoir votre budget global (installation + éventuel remplacement onduleur dans 10-15 ans)

Du devis à l’installation : le calendrier honnête

Ce qui me met hors de moi, ce sont les promesses « installation en 48h ». C’est techniquement vrai pour la pose des panneaux. Mais entre votre premier contact et le moment où vous produisez réellement ? Comptez 3 à 4 mois minimum. L’étape qui coince le plus souvent : la déclaration préalable de travaux en mairie. Un mois de délai légal, parfois deux en période chargée.


  • Diagnostic gratuit et étude toiture

  • Réception et signature du devis détaillé

  • Dépôt déclaration préalable en mairie

  • Accord urbanisme reçu

  • Installation des panneaux (1-2 jours)

  • Demande attestation Consuel

  • Raccordement Enedis effectif

Ces délais sont ceux que je constate sur mes projets en zone non protégée, hors période estivale. En zone ABF (Architectes des Bâtiments de France), ajoutez facilement 2 mois supplémentaires. Pour trouver un installateur fiable proposant un panneau solaire adapté à votre configuration, vérifiez systématiquement sa certification RGE sur le site officiel.

Après la pose : raccordement et premiers suivis

Le Consuel (Comité national pour la sécurité des usagers de l’électricité) doit valider votre installation. Comptez 200 à 300 € selon les régions. Ensuite, demande de raccordement auprès d’Enedis. Et là, patience. Sur le terrain, la réalité des délais est souvent moins rose qu’annoncée : 3 à 4 mois dans le meilleur des cas.

Une fois raccordé, surveillez votre production les premiers mois. Une application de suivi permet de détecter rapidement une anomalie. J’ai accompagné un client à Arras qui ne comprenait pas pourquoi sa production stagnait. Un micro-onduleur défaillant. Repéré grâce au suivi quotidien, remplacé sous garantie en une semaine.

Combien ça coûte vraiment (et les aides que vous pouvez réellement toucher)

Les promesses de « rentabilité en 5 ans » que j’entends parfois ? C’est faux. Soyons clairs : le temps de retour sur investissement réaliste se situe entre 8 et 12 ans selon votre situation. Ça reste intéressant vu la durée de vie des panneaux (25-30 ans), mais ne vous laissez pas embobiner par des chiffres trop beaux.

Fourchettes de prix installation 2025

Selon l’arrêté du 8 septembre 2025, la TVA passe à 5,5 % pour les installations jusqu’à 9 kWc. Côté tarifs, comptez entre 1 100 et 1 400 € HT par kWc posé. Pour une maison standard, ça donne : 3 kWc = 6 000-8 000 €, 6 kWc = 9 000-12 000 €, 9 kWc = 12 000-15 000 €.

La prime à l’autoconsommation 2025 s’élève à 80 €/kWc pour les installations jusqu’à 9 kWc. Elle est versée sur 5 ans, pas en une fois. Pour 6 kWc, ça représente 480 € au total. C’est toujours ça, mais ça ne change pas radicalement l’équation.

Cas concret : famille à Arras, installation 6 kWc

J’ai accompagné cette famille recomposée depuis 2023. Maison de 140 m², toiture tuiles orientation sud-ouest. Leur facture EDF était passée de 1 800 € à 2 900 € par an en deux ans. Ils n’en pouvaient plus.

Nous avons opté pour une installation 6 kWc avec suivi de production. Coût total : 11 200 € après prime. Résultat après 18 mois : facture annuelle réduite à 650 €, taux d’autoconsommation de 72 %. La seule friction rencontrée : le délai Enedis pour le raccordement a pris 4 mois au lieu des 2 annoncés.

Installation 6 kWc sur toiture ardoise, région Hauts-de-France



Attention au piège classique du sur-dimensionnement commercial. Certains installateurs poussent vers 9 kWc « pour maximiser les aides » alors que votre consommation ne le justifie pas. Résultat : vous revendez beaucoup à 4 centimes le kWh au lieu de consommer à 25 centimes évités. Mauvais calcul. Pour approfondir les différentes aides pour votre rénovation énergétique, vérifiez votre éligibilité avant de signer quoi que ce soit.

Vos questions sur l’installation solaire

Ça marche vraiment dans le Nord de la France ?

Oui, et c’est l’une des questions que j’entends le plus souvent. L’ensoleillement est certes inférieur à celui du Sud (environ 20 % de moins), mais les panneaux modernes fonctionnent même par temps couvert. D’après les données de photovoltaique.info, une installation bien orientée dans les Hauts-de-France produit entre 900 et 1 100 kWh par kWc installé par an. C’est rentable, simplement le retour sur investissement prend 1 à 2 ans de plus qu’en PACA.

Que se passe-t-il si je vends ma maison ?

L’installation augmente la valeur de votre bien. Les études montrent une plus-value de 3 à 5 % en moyenne. Le contrat EDF OA (obligation d’achat) est transférable au nouveau propriétaire. C’est même un argument de vente : le futur acheteur récupère une installation amortie qui produit de l’électricité gratuite.

L’entretien coûte cher ?

Pas vraiment. Un nettoyage annuel à l’eau claire suffit dans la plupart des cas. Le vrai coût caché, c’est l’onduleur : durée de vie 10-15 ans, remplacement autour de 1 500-2 000 €. Intégrez-le dans votre calcul de rentabilité dès le départ. Les panneaux eux-mêmes tiennent 25-30 ans avec une baisse de rendement progressive d’environ 0,5 % par an.

Et si mon installateur fait faillite ?

C’est une crainte légitime vu le nombre d’acteurs sur le marché. Vérifiez la garantie décennale (obligatoire) et la solidité financière de l’entreprise. Les garanties fabricant sur les panneaux (souvent 25 ans) restent valables indépendamment de l’installateur. Pour l’onduleur, privilégiez une marque établie avec un réseau de SAV en France.

Je peux installer moi-même pour économiser ?

Techniquement oui, mais vous perdez toutes les aides. La certification RGE de l’installateur est obligatoire pour bénéficier de la prime à l’autoconsommation et de la TVA réduite. Sans elle, vous payez plein pot (20 % de TVA au lieu de 5,5 %) et zéro prime. Économie apparente, mauvaise affaire au final.

Et maintenant ?

Si vous ne devez retenir qu’une chose, c’est celle-ci : ne signez jamais le jour du premier rendez-vous. Les bons installateurs ne font pas pression. Les mauvais, si. Prenez le temps de comparer au moins trois devis, de vérifier les certifications, et de faire votre propre diagnostic toiture.

Vos 3 prochaines actions



  • Récupérez vos 12 derniers mois de consommation sur votre espace Enedis


  • Vérifiez l’orientation et l’ombrage de votre toiture entre 10h et 16h


  • Demandez 3 devis à des installateurs certifiés RGE (vérifiables sur France Rénov’)

Points de vigilance avant votre projet solaire

Les montants d’aides et tarifs de rachat évoluent chaque trimestre. La rentabilité dépend fortement de votre consommation réelle et de l’orientation de votre toiture. Chaque commune peut avoir des règles d’urbanisme spécifiques, notamment en zone protégée. En cas de doute, consultez un installateur certifié RGE ou un conseiller France Rénov’ avant tout engagement.

Rédigé par Thibault Rousseau, conseiller en rénovation énergétique certifié RGE depuis 2019. Basé dans les Hauts-de-France, il a accompagné plus de 250 propriétaires dans leurs projets photovoltaïques, du diagnostic initial au suivi post-installation. Son expertise porte sur le dimensionnement optimisé des installations en autoconsommation et la maximisation du taux de couverture énergétique. Il intervient régulièrement en formation auprès d'installateurs partenaires sur les évolutions réglementaires.